Le déploiement généralisé de la reconnaissance faciale dans les espaces publics en E.U. représente une grave menace pour nos libertés fondamentales. Imaginez des caméras scrutant constamment votre visage, vous identifiant et vous suivant partout où vous allez. Cela sonnerait le glas de l'anonymat et de la vie privée dans l'espace public.
Ce scénario n'est pas de la science-fiction. Les autorités multiplient les expérimentations avec cette technologie intrusivee: reconnaissance faciale à l'entrée des lycées, analyse comportementale par vidéosurveillance algorithmique dans les gares, identification des supporteurs dans les stades, etc.
Bien que pratique pour déverrouiller un smartphone ou accélérer les contrôles à l'aéroport, cette technologie devient problématique quand elle identifie et piste les gens à leur insu en permanence. C'est une forme de surveillance de masse qui porte atteinte à nos droits.
En effet, se savoir constamment épié et fiché pousse à l'autocensure et dissuade d'exercer son droit de manifester ou d'exprimer librement ses opinions. De plus, les erreurs fréquentes de ces systèmes, notamment sur les visages de personnes noires ou métissées, aggravent les discriminations.
Ce cauchemar orwellien menace de se concrétiser si une loi claire n'interdit pas l'utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les gens dans l'espace public. La CNIL tente de freiner ces dérives mais ses moyens sont limités face à la pression sécuritaire.
C'est pourquoi Amnesty International a lancé une campagne appelant à légiférer avant qu'il ne soit trop tard, avec notamment une pétition "Non à la reconnaissance faciale en France". Des exemples concrets comme le court-métrage dystopique montré illustrent les dangers de cette dérive pour nos libertés.
Au-delà de la menace pour nos libertés individuelles, le déploiement massif de cette technologie de surveillance aurait aussi un impact néfaste sur la démocratie et l'État de droit.
En effet, dans les régimes autoritaires, ces systèmes deviennent un outil redoutable de contrôle et de répression des opposants politiques, militants, minorités ethniques ou religieuses. La reconnaissance faciale facilite grandement l'identification, le pistage et l'interpellation ciblée de tout dissident. On en a vu les dérives en Chine avec la surveillance des Ouïghours.
Même dans les démocraties, le risque est réel de voir ces technologies détournées à des fins politiques pour restreindre l'expression citoyenne. Un pouvoir en place pourrait être tenté d'utiliser ces capacités de surveillance massive pour identifier et intimider les contestataires.
Un autre danger est la consolidation future de ces systèmes avec d'autres technologies intrusives comme la reconnaissance des émotions, des déplacements, ou le scoring social. On se rapprocherait alors de la dystopie cauchemardesque du "crédit citoyen" généralisé à la chinoise.
Pour illustrer ces risques avec un exemple concret, prenons le mouvement des Gilets Jaunes. Avec la reconnaissance faciale, les autorités auraient pu facilement répertorier tous les manifestants présents lors des rassemblements les plus tendus et procéder à des interpellations de masse ciblées.
Ce genre de scénario aurait un effet très dissuasif et liberticide pour l'exercice du droit de manifester, pierre angulaire de notre démocratie. C'est toute la vitalité du débat public et la possibilité de contester qui seraient menacées.
Bref, les dangers de la reconnaissance faciale généralisée vont bien au-delà des atteintes à la vie privée individuelle. Si nous n'y prenons garde, ce sont les fondements même de nos libertés publiques et de notre État de droit qui pourraient être progressivement minés.
C'est pourquoi il est crucial d'avoir un large débat de société et un encadrement législatif strict avant qu'il ne soit trop tard pour empêcher cette dérive sécuritaire et liberticide.
Quelques contre-mesures possibles pour contrer la menace :
Cadre juridique strict
La première des choses est d'encadrer strictement l'utilisation de la reconnaissance faciale par la loi. Comme le réclame Amnesty International, une interdiction législative claire de son utilisation pour identifier les gens dans l'espace public sans leur consentement est indispensable. Cela empêcherait les dérives futures.
Renforcer les contre-pouvoirs
Il faut aussi renforcer les moyens et les pouvoirs de la CNIL et de la justice pour qu'elles puissent effectivement s'opposer aux abus et faire respecter la réglementation. Un mécanisme de contrôle et de sanction dissuasif est nécessaire.
Moratoires et débats publics
Dans l'attente d'un encadrement législatif, des moratoires sur les expérimentations de reconnaissance faciale devraient être décrétés par les pouvoirs publics. Et surtout, de larges débats publics associant tous les acteurs concernés (société civile, experts, etc.) doivent avoir lieu pour bien cerner les risques et définir un cadre acceptable.
Technologies de contre-mesures
Sur le plan technique, le développement et l'adoption de technologies "anti-reconnaissance faciale" peuvent aussi permettre de se prémunir. Cela va des techniques d'attaques adverses en IA pour tromper les algorithmes aux lunettes à lumière infrarouge pour brouiller la reconnaissance. Le brouillage des images ou le port de masques peuvent aussi être envisagés.
Sensibilisation et mobilisation citoyenne
Enfin, une large mobilisation citoyenne et une prise de conscience des dangers par le grand public sont indispensables. Il faut mener des campagnes d'information et de sensibilisation sur le sujet. Des associations et collectifs de défense des libertés peuvent jouer un rôle majeur pour alerter et faire pression sur les pouvoirs publics.
Bref, c'est un combat multiforme qui nécessite de se battre à la fois sur les plans juridique, technique, politique et sociétal pour stopper à temps cette dérive surveillance de masse par la reconnaissance faciale. Une mobilisation forte de tous les acteurs est cruciale pour protéger nos libertés fondamentales.
Contre - mesures systeme D
Voici quelques moyens techniques que les citoyens peuvent utiliser pour contrer le danger de la reconnaissance faciale généralisée dans les espaces publics :
Lunettes à lumière infrarouge
Certaines lunettes spéciales émettent de la lumière infrarouge qui vient brouiller et tromper de nombreux systèmes de reconnaissance faciale. En effet, ces lunettes projettent des motifs infrarouges sur le visage qui perturbent l'identification par les algorithmes. C'est une solution relativement simple à mettre en oeuvre.
Maquillage anti-reconnaissance
Des techniques de maquillage particulières appelées "CV Dazzle" permettent de créer des motifs de couleurs et de contrastes sur le visage qui viennent tromper la reconnaissance faciale. En modifiant subtilement la géométrie du visage perçue, ces maquillages font échouer l'identification.
Vêtements et accessoires anti-reconnaissance
Au-delà du visage, certains vêtements et accessoires sont conçus pour brouiller la capture des silhouettes et perturber la reconnaissance corporelle et comportementale. On trouve par exemple des t-shirts à motifs 3D déroutants ou des jupes gonflables.
Attaques adverses en IA
Des techniques d'attaques adverses contre les réseaux de neurones utilisés dans la reconnaissance faciale permettent aussi de tromper ces systèmes. En introduisant de subtiles perturbations dans les images, on peut induire en erreur les algorithmes.
Logiciels et applications anti-tracking
Enfin, divers logiciels, bloqueurs de traqueurs web et applications mobiles peuvent contribuer à brouiller les pistes et empêcher le pistage et l'identification des personnes en ligne et via leurs appareils.
Ces différentes solutions techniques, souvent inspirées de l'univers du cyberpunk, permettent de "se camoufler" face aux systèmes de reconnaissance automatique. Associées à des cadres légaux stricts, elles peuvent aider à protéger son anonymat et sa vie privée face à la menace d'une surveillance de masse par la reconnaissance faciale.