Imaginez : vous ne maîtrisez pas bien la lecture, vous avez du mal avec l’écriture, et voilà qu’on vous demande de naviguer sur un site, remplir un formulaire en ligne et cocher des cases qui n’ont aucun sens pour vous. Vous étiez déjà en difficulté dans le monde “papier”, vous voilà maintenant noyé dans le monde numérique. Bienvenue dans la double peine : illettrisme et illectronisme.

Deux mots qui font peur, deux réalités qui se croisent bien trop souvent.

L’un ne va (souvent) pas sans l’autre

Les études le confirment : les personnes en situation d’illettrisme sont particulièrement exposées à l’illectronisme. Pourquoi ? Parce que les compétences de base – lire, écrire, comprendre un texte – sont le socle sur lequel se construit toute compétence numérique.

Un formulaire en ligne, ce n’est pas juste une série de clics. C’est un ensemble d’instructions à lire, de champs à comprendre, de messages d’erreur à décrypter. Si déjà le mot “identifiant” vous échappe, ou si vous ne saisissez pas la logique d’une adresse mail, vous êtes en terrain hostile.

Et ici, le numérique n’est pas l’ennemi. Il est seulement le révélateur d’un problème plus ancien : l’exclusion par la non-maîtrise des savoirs fondamentaux.

Le numérique, miroir grossissant des inégalités

Avant, les personnes en difficulté avec la lecture pouvaient souvent s’en sortir en demandant de l’aide, en se débrouillant, en “faisant sans”. Aujourd’hui, le numérique rend l’invisible visible. Quand tout passe par un écran, on ne peut plus se cacher. L’exclusion devient brutale, immédiate.

Et pour certains, chaque mot devient un obstacle. Un texte un peu long, un menu déroulant trop complexe, un bouton mal placé… et l’autonomie s’effondre. Cela mène à un repli sur soi, à une dépendance aux autres, voire à un renoncement total aux droits et aux services.

Pourquoi il faut une approche globale

On ne résoudra pas l’illectronisme en distribuant des tablettes comme on jette des bouées. Il faut une réponse en profondeur. Et cela passe par :

  • L’alphabétisation : renforcer les compétences fondamentales, sans lesquelles le numérique reste une énigme.
  • L’accompagnement humain : former, expliquer, prendre par la main si nécessaire.
  • Des parcours conjoints : associer dans les mêmes programmes la lutte contre l’illettrisme et l’apprentissage du numérique.
  • Une conception plus inclusive des outils numériques : penser à ceux qui lisent lentement, à ceux qui déchiffrent, à ceux qui n’osent pas.

Car si les deux problèmes sont liés, la solution doit l’être aussi.

Redonner confiance, avant tout

Ce que vivent ces personnes, c’est souvent bien plus qu’une difficulté technique. C’est une blessure d’estime. Quand on se sent incompétent face à un écran, comme face à un livre, on finit par se dire qu’on n’est bon à rien. Et ça, c’est le début du décrochage total.

Or, la clé de la lutte contre l’illectronisme comme contre l’illettrisme, c’est la confiance. Celle qu’on peut apprendre. Celle qu’on n’est pas seul. Celle qu’on a sa place dans ce monde, même numérique.

Conclusion : Illettrisme et illectronisme ne sont pas deux crises séparées, mais deux faces d’un même problème d’inclusion. Tant qu’on les traitera comme deux sujets différents, on passera à côté de l’essentiel. Il est temps d’en finir avec les “moitiés de solutions” pour des problèmes entiers.

Souhaite-tu que je t’en prépare une version pédagogique pour une brochure ou un atelier de sensibilisation ?

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